Rapport annuel 2025-2026
Rapport annuel
2025-2026

Tunisie

En Tunisie, 7 195 personnes ont été directement touchées par nos actions cette année.

116 femmes ont été accompagnées dans leur parcours de leadership afin d’accroître leur participation et leur influence au sein de leurs organisations et de leurs communautés.

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PSSEETAT

Projet de structuration des services économiques et environnementaux aux transformatrices agroalimentaires tunisiennes (PSSEETAT)

Pour une quatrième année consécutive, le PSSEETAT a poursuivi son appui auprès des transformatrices agroalimentaires de six gouvernorats de la Tunisie. Ce sont 1 715 personnes, dont 1 621 femmes, qui ont participé à des formations sur une quinzaine de thématiques, allant de l’agroécologie à la prise de parole en public, en passant par le marketing et les normes d’hygiène et sanitaires.

Ces formations jouent un rôle crucial dans le renforcement des compétences des transformatrices et elles ont grandement contribué à augmenter le nombre d’adhérentes au sein des organisations professionnelles agricoles participantes.

« Elles ne cessent de frapper à la porte pour nous rejoindre. Nos adhésions sont complétées, mais nous avons choisi d’accueillir toutes les femmes qui peuvent ainsi bénéficier des formations. Et quand elles ne peuvent se déplacer dans les foires, je me charge de commercialiser leurs produits. Et de redistribuer les revenus. »
- Habiba Maatallah, présidente du Groupement de développement agricole (GDA) El Khir Wel Barka de Boumerdes dans le Gouvernorat de Madhia

La dernière année a également permis de recenser les bonnes pratiques de gestion et de gouvernance inclusive, d’adaptation aux changements climatiques et d’accès aux services financiers au sein de
12 organisations professionnelles agricoles féminines. L’exercice a pris la forme d’un World Café pour faciliter les échanges dans une atmosphère conviviale et détendue. Les bonnes pratiques ont ensuite été diffusées sous forme de fiches informatives.

Un grand événement à saveur locale

Au printemps 2026, le projet a tenu un séminaire sur la valorisation des produits du terroir.

Plus de 115 personnes ont participé à l’événement qui proposait une programmation originale et inspirante pour accompagner le dévoilement des résultats d’une étude sur la valorisation et la commercialisation de sept produits du terroir :

  • L’huile d’olive de Téboursouk;
  • La figue de Djebba;
  • La datte Nedzaoua;
  • Le blé Mahmoudi;
  • La figue de Barbarie;
  • L’huile d’argan du Maroc;
  • Le miel d’Algérie.

Les participantes et les participants ont abordé les enjeux liés à l’accès au marché et la commercialisation, le branding et le rôle de ces produits dans la résilience climatique des communautés.

Pour ajouter du goût à l’événement, trois chefs ont présenté leur vision des produits du terroir avant de faire une démonstration culinaire que les participantes et les participants étaient invités à déguster.

« Parmi les plats les plus précieux du monde, il y a les plats tunisiens. Et il n’est jamais trop tard pour les mettre en valeur. »
- Chef Mounir El Arem

Cet événement a su inspirer les participantes qui retournent chez elles avec de nouvelles idées pour mettre leurs produits en valeur.

Alors que le PSSEETAT amorce sa dernière année de mise en œuvre, il est évident que les transformatrices tunisiennes sont maintenant prêtes à occuper une plus grande place dans le secteur agroalimentaire du pays.

Le PSSEETAT est mis en œuvre en collaboration avec l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP) et l'Union maghrébine et nord-africaine des agriculteurs (UMNAGRI). Il est rendu possible grâce au soutien financier du gouvernement du Canada, par l’entremise d’Affaires mondiales Canada, et de la Coopération espagnole, par l'intermédiaire de l'Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID).

Quand les agricultrices s'inspirent entre elles

Cette année encore, les échanges entre les Agricultrices du Québec et les transformatrices agroalimentaires tunisiennes se sont poursuivis.

Quatre agricultrices québécoises volontaires, Julie Grégoire, Marie-Pier Nadeau, Elena Pavlova et Abbi Spencer, sont allées à la rencontre de ces femmes pour échanger sur des thèmes essentiels à leur parcours d'entrepreneures : la gouvernance inclusive, la commercialisation, la valorisation des produits locaux et la mise en marché collective.

En partageant leur propre expérience, marquée par les défis, les réussites et beaucoup de persévérance, les volontaires ont démontré que les obstacles rencontrés par les femmes en agriculture dépassent les frontières. Cette authenticité a donné lieu à des discussions franches sur la conciliation travail-famille, la reconnaissance professionnelle et l'accès aux ressources, tout en renforçant la confiance des participantes en leurs propres capacités.

Inspirés de situations concrètes, les ateliers animés par les Québécoises ont permis aux participantes d'acquérir des outils et des pratiques directement applicables à leurs entreprises. Une attention particulière a également été portée aux façons de renforcer la collaboration entre entreprises dirigées par des femmes et de valoriser les initiatives locales.

En favorisant les échanges entre pairs et en mettant en lumière des modèles de réussite féminins, les volontaires ont contribué à renforcer un réseau d'entraide entre femmes. Les participantes sont reparties plus confiantes, mieux outillées et déterminées à faire grandir leurs entreprises tout en inspirant d'autres femmes de leur communauté.

Faire reconnaître et partager l'expertise des femmes

En Tunisie, la volontaire Marie-Soleil Sturm-Aubert a accompagné, à travers des mandats à long terme, les femmes entrepreneures du PSSEETAT. Son objectif : promouvoir l'égalité des genres, renforcer le leadership féminin et mettre en valeur l'expertise des femmes.

Plutôt que d'apporter des solutions toutes faites, Marie-Soleil a misé sur une approche participative où les participantes ont partagé leurs expériences, valorisé leurs réussites et appris les unes des autres.

À travers des ateliers de capitalisation des bonnes pratiques, elles ont identifié ensemble des solutions concrètes aux défis rencontrés dans leurs activités de production, de transformation et de commercialisation. Ces pratiques ont ensuite été documentées sur des fiches remises à l'ensemble des participantes afin qu'elles puissent être reproduites et adaptées à leurs propres activités.

Ces échanges ont également ouvert le dialogue sur les stéréotypes de genre, la gouvernance inclusive et la place des femmes dans le développement de leur communauté.

« Être vues, écoutées et entendues a permis à plusieurs femmes de réaliser qu'elles n'étaient pas seules et que leur expérience avait une réelle valeur. »

- Marie-Soleil Sturm-Aubert

Martin Caron
Président du conseil d’administration

L’importance des agricultrices pour la sécurité alimentaire et l'agriculture mondiale est inestimable. À témoin, ces dernières représentent environ 43 % de la main-d'œuvre agricole dans les pays en développement, mais produisent entre 60 et 80 % des denrées alimentaires dans de nombreuses régions.

Leur rôle dépasse la simple production : les agricultrices sont garantes de la nutrition familiale, de la gestion durable des ressources naturelles et de la préservation de la biodiversité.

Malgré leur contribution cruciale, les agricultrices font face à des inégalités persistantes. Elles ont moins accès que les hommes à la terre, au crédit, à la formation et aux technologies agricoles. Cet écart doit être comblé pour des raisons de justice sociale, mais aussi par nécessité économique et alimentaire. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), donner aux agricultrices un accès égal aux ressources pourrait augmenter les rendements agricoles de 20 à 30 %, permettant de sortir 45 millions de personnes de la faim.

En 2026, Année internationale des agricultrices, il est plus que jamais crucial de reconnaître et de valoriser leur travail. Soutenir les agricultrices partout dans le monde, y compris au Québec, et mettre en lumière leur contribution, c'est bâtir un avenir plus durable.

Hugo Beauregard-Langelier
Directeur général

Refuser les reculs, se mobiliser pour avancer

Dans un autobus bondé, il n’est pas rare d’entendre le chauffeur crier aux passagers : « Avancez par en arrière! »

Cette expression illustre cruellement l’état du droit des femmes dans le monde : de trop nombreux reculs qui sont maquillés en avancées. Des droits sexuels et reproductifs aux féminicides, en passant par le harcèlement en ligne. De l’Afghanistan aux États-Unis. Les reculs sont partout et sur plusieurs fronts.

Face à ces reculs, le silence n’est pas une option; il équivaudrait à capituler devant l’injustice. La réponse doit être forte, mobilisatrice et continue. L’Année internationale des agricultrices, qui se déroule actuellement, s’inscrit pleinement dans cette réponse.

Alors que près de 90 % des 570 millions d’exploitations agricoles dans le monde appartiennent à des familles, au sein desquelles se trouvent des femmes, des mères et des filles, celles‑ci demeurent trop souvent invisibles : invisibles dans les prises de décision, invisibles dans la gestion et, surtout, invisibles dans l’accès aux revenus.

L’Année internationale des agricultrices est l’occasion de mettre en lumière les rôles essentiels que jouent ces femmes, de la production à la commercialisation. Jusqu’en décembre prochain, UPA Développement international contribuera à faire rayonner l’apport déterminant des agricultrices à la sécurité alimentaire, à la nutrition et au développement économique de leurs communautés.

Mais même après 2026, nous resterons aux côtés de ces agricultrices, comme nous l’avons été depuis plus de 30 ans. Car viser l’équité et la justice pour les femmes, c’est avancer par en avant.

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