Rapport annuel 2025-2026
Rapport annuel
2025-2026

Sénégal

Au Sénégal, nos actions ont eu une portée directe auprès de 29 487 personnes cette année.

Elles ont aussi contribué à faire émerger et à soutenir le leadership de 2 575 femmes dans leurs organisations et leurs communautés.

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Kéew - SAGA 2

Le début d’un avenir fertile

Le projet Kéew, qui s’est terminé en décembre 2025, est la preuve qu’en appliquant des solutions simples et adaptées, et en mobilisant les communautés, il est possible de transformer la terre et les vies de celles et ceux qui la cultivent.

En seulement 18 mois, Kéew a accru la résilience climatique et amélioré les rendements agricoles des communautés rurales de Ngouye, Kahi et Bayakh grâce aux bonnes pratiques agricoles et en santé des sols.

Pour tester, adapter et partager ces pratiques, trois clubs-conseils climat ont été mis en place au sein des organisations agricoles partenaires : la Fédération des agropasteurs de Diender, le Réseau national des coopératives de producteurs de semences et l’Union régionale des associations paysannes de Diourbel.

Chaque club réunissait 10 agricultrices et 10 agriculteurs, favorisant ainsi une participation équitable des femmes et des hommes à l'expérimentation. Le processus était accompagné du suivi agronomique rigoureux et précédé d’un inventaire de biodiversité pour mieux suivre les résultats.

Parmi les bonnes pratiques testées, le compostage, la valorisation des matières organiques et l’utilisation de phosphate pour corriger l’acidité des sols ont donné les meilleurs résultats. Les effets ont rapidement été visibles : 93,5 % des participantes et des participants ont constaté une amélioration de leurs rendements.

« Il y a certains espaces qui étaient infertiles. Avec le compost organique et les bonnes pratiques, ça a aidé à augmenter les rendements. Par exemple, je fais le navet. Je récoltais 300 à 400 kg avant et cette année, j’ai récolté une tonne de navets! »
- Un producteur du Club de Bayakh

En plus de l’augmentation des rendements agricoles, le projet a eu un impact direct sur les participantes et les participants. Des enquêtes menées au début et à la fin du projet ont mis en lumière les résultats suivants :

12,6
Nombre moyen de bonnes pratiques agricoles utilisées par les participantes et les participants
  • (Contre 6 bonnes pratiques en début de projet)
Pour les femmes
On observe
  • Plus de connaissances
  • Augmentation des revenus
  • Plus de leadership
  • Meilleure confiance en elles
Pour les jeunes
On observe
  • Plus de connaissances et de motivation
  • Une meilleure gestion de l’eau
  • Une plus grande entraide
43,64 %
des productrices et des producteurs ont maintenant plus d’argent disponible pour subvenir aux besoins de leur famille

« Le compost a été bénéfique pour nous. Auparavant, après l'hivernage, on gardait une partie de l'argent pour acheter de l'engrais, mais maintenant, on ne dépense plus pour ça et on peut garder l'argent pour les dépenses de la famille comme acheter l'huile, le riz, etc. »

- Fatma Mbaye, une productrice de Ngouye

Les résultats sont si encourageants que les productrices et les producteurs du village de Kahi ont choisi de financer eux-mêmes la création d’un deuxième club-conseils climat!

Au-delà des chiffres, Kéew a contribué à instaurer une nouvelle dynamique au sein des communautés participantes et avec les villages voisins. L’entraide et le partage de connaissances font maintenant partie du quotidien puis les pratiques développées dans le cadre du projet continueront de porter leurs fruits pour les années à venir.

Kéew est mis en œuvre par UPA DI et le Conseil national de concertation des ruraux. Le projet s’inscrit dans l’initiative Sécurité alimentaire et agriculture : une adaptation accélérée (SAGA 2), coordonnée par la FAO, avec l’appui technique et financier du gouvernement du Québec, par l’entremise du ministère des Relations internationales et de la Francophonie. En collaboration avec le gouvernement du Canada via les fonds thématiques du Réseau Agro-Innov d’UPA DI.

 

Amy Faye, une leader qui fait grandir sa communauté

Avant de participer au projet Kéew, Amy Faye cultivait seule une parcelle louée pour subvenir aux besoins de sa famille. Malgré ses efforts et l'utilisation d'engrais chimiques, ses récoltes demeuraient insuffisantes.

Choisie comme paysanne-pilote, elle a été formée par plusieurs volontaires du Réseau Agro-Innov et par les équipes du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR). Elle s'est rapidement approprié des pratiques agroécologiques qui ont porté leurs fruits comme le compostage, le paillage, les associations de cultures, l'agroforesterie et l'utilisation des données météorologiques pour planifier les travaux agricoles.

En remplaçant les engrais chimiques par le compost, Amy a fait passer sa production de mil d'environ deux sacs à six ou huit sacs de 80 kg. Sa récolte couvre désormais les besoins alimentaires de sa famille, tandis que ses dépenses en intrants ont nettement diminué.

Mais l'impact d'Amy ne s'arrête pas à son propre champ. En tant que paysanne-pilote, elle continue d'accompagner les productrices et les producteurs de son village et de partager les bonnes pratiques. Désormais plus confiante dans son rôle de présidente de la Fédération des femmes de Thiakhar, elle mobilise aujourd'hui sa communauté et elle inspire d'autres femmes à prendre leur place. Trois jeunes participantes ont d'ailleurs affirmé vouloir suivre son exemple.

« J'ai cette responsabilité de transmettre ce que j'ai appris, car j'ai eu la possibilité et la chance d'être choisie dans ce projet. »
— Amy Faye

Économie circulaire

Le programme d'économie circulaire, mis en œuvre en collaboration avec l'Union régionale des associations paysannes de la région de Diourbel (URAPD), continue de prendre de l'ampleur au Sénégal.

En février 2026, le programme s'est étendu à une deuxième communauté. À la suite du succès de l'intitiative Mbokhodane, le village de Ngueye Ngueye a officiellement rejoint le programme et les élèves de son école ont déjà bénéficié de 27 jours de cantine. Au total, les deux cantines ont servi 44 327 repas à 1 183 élèves durant l'année scolaire 2025-2026.

Avec cette expansion, ce sont maintenant 46 femmes entrepreneures qui gèrent les cantines scolaires et utilisent ces installations pour développer leurs propres activités de transformation agroalimentaire.

Une alimentation plus locale et plus diversifiée

Cette année, l'approvisionnement local des cantines s'est considérablement renforcé. Le mil, les œufs, les haricots niébé et les légumes font désormais partie des repas servis aux élèves. Cette plus grande diversité améliore leur alimentation tout en réduisant la dépendance des cantines à des protéines plus coûteuses.

Des femmes qui développent leurs compétences

Les femmes responsables des cantines ont poursuivi le développement de leurs compétences en entrepreneuriat, en transformation des fruits et légumes, en entreposage des aliments et en fabrication de savon.

Cette dernière formation a rapidement porté ses fruits! 105 blocs de savon ont déjà été vendus, générant une nouvelle source de revenus pour les femmes participantes.

 

Une approche qui prend racine à Mbokhodane

À Mbokhodane, la communauté est de plus en plus autonome et elle finance maintenant la majorité du programme. Les parents d'élèves contribuent au fonctionnement de la cantine en fournissant des denrées alimentaires, qui sont ensuite utilisées pour préparer les repas ou vendues afin de financer les activités de la cantine.

L'enthousiasme suscité par cette approche ouvre la voie à son déploiement dans d'autres villages. Une belle démonstration qu'en misant sur l'alimentation locale, l'entrepreneuriat féminin et la mobilisation communautaire, il est possible de transformer durablement les milieux ruraux.

Félicitations à toutes les personnes qui se mobilisent pour assurer le succès de l’économie circulaire!

UPA DI tient à remercier chaleureusement l’ensemble de ses donatrices et de ses donateurs pour leur généreuse contribution en soutien à l’économie circulaire.

Cultiver les compétences

Au Sénégal, les volontaires Frédéric Turgeon Savard et Noémie Laurendeau-Rousseau ont uni leurs expertises pour accompagner la Société coopérative des exploitants agricoles (SCEEA). Cette nouvelle coopérative a bénéficié d’un appui technique et organisationnel, en renforçant les capacités de l'organisation sur plusieurs plans.

Producteur maraîcher et allié de longue date d'UPA DI, Frédéric a animé des formations en agriculture biologique afin de promouvoir des pratiques durables, dont l'utilisation de biopesticides, le paillage, le compagnonnage des cultures et l'agroforesterie.

Les participantes et les participants ont grandement apprécié les formations et sont repartis avec des pratiques concrètes à intégrer à leurs exploitations afin d'améliorer leurs rendements tout en renforçant leur capacité d'adaptation aux changements climatiques.

De son côté, Noémie a d'abord accompagné la coopérative dans la réalisation d'un autoportrait de ses compétences. Cet exercice a permis de cerner les forces de l'organisation, ses principaux défis et ses besoins prioritaires en renforcement des capacités. À partir de ce diagnostic, elle a ensuite animé des formations sur le leadership féminin, la mise en marché et les communications.

Les retombées se sont fait sentir rapidement. À la suite des formations, quatre femmes ont manifesté leur intérêt à siéger au conseil d'administration de la coopérative, tandis qu'une dizaine d'autres se sont engagées à participer à un comité chargé de mettre en place un service collectif de mise en marché des produits maraîchers. Merci à Frédéric et à Noémie pour leur engagement et le partage de leur expertise!

Martin Caron
Président du conseil d’administration

L’importance des agricultrices pour la sécurité alimentaire et l'agriculture mondiale est inestimable. À témoin, ces dernières représentent environ 43 % de la main-d'œuvre agricole dans les pays en développement, mais produisent entre 60 et 80 % des denrées alimentaires dans de nombreuses régions.

Leur rôle dépasse la simple production : les agricultrices sont garantes de la nutrition familiale, de la gestion durable des ressources naturelles et de la préservation de la biodiversité.

Malgré leur contribution cruciale, les agricultrices font face à des inégalités persistantes. Elles ont moins accès que les hommes à la terre, au crédit, à la formation et aux technologies agricoles. Cet écart doit être comblé pour des raisons de justice sociale, mais aussi par nécessité économique et alimentaire. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), donner aux agricultrices un accès égal aux ressources pourrait augmenter les rendements agricoles de 20 à 30 %, permettant de sortir 45 millions de personnes de la faim.

En 2026, Année internationale des agricultrices, il est plus que jamais crucial de reconnaître et de valoriser leur travail. Soutenir les agricultrices partout dans le monde, y compris au Québec, et mettre en lumière leur contribution, c'est bâtir un avenir plus durable.

Hugo Beauregard-Langelier
Directeur général

Refuser les reculs, se mobiliser pour avancer

Dans un autobus bondé, il n’est pas rare d’entendre le chauffeur crier aux passagers : « Avancez par en arrière! »

Cette expression illustre cruellement l’état du droit des femmes dans le monde : de trop nombreux reculs qui sont maquillés en avancées. Des droits sexuels et reproductifs aux féminicides, en passant par le harcèlement en ligne. De l’Afghanistan aux États-Unis. Les reculs sont partout et sur plusieurs fronts.

Face à ces reculs, le silence n’est pas une option; il équivaudrait à capituler devant l’injustice. La réponse doit être forte, mobilisatrice et continue. L’Année internationale des agricultrices, qui se déroule actuellement, s’inscrit pleinement dans cette réponse.

Alors que près de 90 % des 570 millions d’exploitations agricoles dans le monde appartiennent à des familles, au sein desquelles se trouvent des femmes, des mères et des filles, celles‑ci demeurent trop souvent invisibles : invisibles dans les prises de décision, invisibles dans la gestion et, surtout, invisibles dans l’accès aux revenus.

L’Année internationale des agricultrices est l’occasion de mettre en lumière les rôles essentiels que jouent ces femmes, de la production à la commercialisation. Jusqu’en décembre prochain, UPA Développement international contribuera à faire rayonner l’apport déterminant des agricultrices à la sécurité alimentaire, à la nutrition et au développement économique de leurs communautés.

Mais même après 2026, nous resterons aux côtés de ces agricultrices, comme nous l’avons été depuis plus de 30 ans. Car viser l’équité et la justice pour les femmes, c’est avancer par en avant.

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