Rapport annuel 2025-2026
Rapport annuel
2025-2026

Bénin

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Femmes-Hwé-Nou

Faire face aux changements climatiques en adoptant de bonnes pratiques agricoles et en santé des sols, c’est ce que le projet Femmes-Hwé-Nou a permis pour les agricultrices et les jeunes de la relève agricole au Bénin.

En décembre 2025, le projet a franchi une étape importante. Après plus d’un an d’expérimentation au sein des clubs-conseils climat, les bonnes pratiques ont commencé à être diffusées à plus grande échelle au sein des trois organisations agricoles partenaires : l’Union communale des producteurs (UCP), le Réseau coopératif des organisations professionnelles de manioc et de maïs (RC-OPMM) et l’Union des groupements coopératifs des agriculteurs Mowossokpo (UGAM).

Au total, 6 855 personnes, dont 3 349 femmes et 3 661 jeunes, ont été invitées à participer aux formations et à rejoindre les clubs-conseils climat afin de tester à leur tour de nouvelles pratiques dans leurs champs.

Des avancées pour l’égalité des genres

Cette année a également marqué le début d’une grande campagne de sensibilisation sur l’égalité entre les femmes et les hommes.

Dans plusieurs villages, des groupes de parole ont été mis en place pour offrir aux agricultrices des espaces sécuritaires pour échanger sur leurs réalités, renforcer leur confiance et développer leurs connaissances en agriculture durable, en gestion financière et en égalité des genres.

Afin d’amorcer les discussions sur les normes sociales, les communautés ont choisi une approche originale : l’humour. Jeux de rôle, jeux de table et capsules vidéo humoristiques créées par les participantes et les participants ont permis d’aborder des sujets parfois délicats, comme la masculinité positive, le partage des responsabilités familiales et la participation des femmes à la vie économique et communautaire.

À Adja-Ouèrè, la réflexion s’est même élargie aux autorités villageoises et religieuses afin que les enjeux liés à l’égalité entre les femmes et les hommes soient davantage pris en compte dans la vie et les décisions de la communauté.

Le projet se poursuivra encore quelques mois, mais les bases sont déjà bien en place pour que les agricultrices et les jeunes de la relève continuent d’améliorer leur résilience climatique, de prendre davantage leur place dans leurs organisations et de contribuer au développement de leurs communautés.

Femmes-Hwé-Nou est rendu possible grâce au soutien financier du gouvernement du Québec dans le cadre du Programme de coopération climatique internationale (PCCI), qui découle du Plan pour une économie verte 2030.

Via Pôle en soutien aux clubs-conseils climat

Au cours de la dernière année, l’agronome Éliane Martel, directrice du club-conseil en agroenvironnement Lavi-Eau-Champ et consultante pour Via Pôle, a accompagné les clubs-conseils climat du projet Femmes-Hwé-Nou.

Lors de deux visites au Bénin, elle a appuyé les équipes dans la structuration des clubs et le développement d’une approche de service-conseil centrée sur les besoins des productrices et des producteurs.

En misant sur l’écoute, la confiance et l’adaptation aux réalités du terrain, son accompagnement a permis aux clubs de gagner en autonomie. Les méthodes et les outils mis en place, ainsi que la vision qu’elle a partagée, continueront de soutenir leur développement au cours des prochaines années, bien au-delà de la durée du projet.

La contribution de Dr Akplo

Depuis 2024, le Dr Tobi Moriaque Akplo, chercheur à la Faculté des sciences agronomiques de l'Université d'Abomey-Calavi, met son expertise au service des agricultrices et des jeunes de la relève agricole participant au projet Femmes-Hwé-Nou.

Qu'il s'agisse de former les participantes et les participants à une meilleure gestion de l'eau ou d'accompagner les clubs-conseils climat, son rôle est d’allier les connaissances scientifiques et les savoirs agricoles locaux pour trouver des solutions adaptées aux réalités du terrain.

En travaillant aux côtés des agricultrices, des jeunes, des techniciennes et des techniciens ainsi que des paysannes et des paysans relais, il contribue à la cocréation et à l'expérimentation de bonnes pratiques agricoles et en santé des sols telles que le compostage et la production de fertilisant naturel.

À ce jour, plus de 100 solutions ont déjà été testées pour améliorer la santé des sols, mieux gérer l'eau et renforcer la résilience des exploitations face aux changements climatiques.

Une preuve que les innovations les plus porteuses naissent lorsque la recherche se construit avec celles et ceux qui cultivent la terre.

Martin Caron
Président du conseil d’administration

L’importance des agricultrices pour la sécurité alimentaire et l'agriculture mondiale est inestimable. À témoin, ces dernières représentent environ 43 % de la main-d'œuvre agricole dans les pays en développement, mais produisent entre 60 et 80 % des denrées alimentaires dans de nombreuses régions.

Leur rôle dépasse la simple production : les agricultrices sont garantes de la nutrition familiale, de la gestion durable des ressources naturelles et de la préservation de la biodiversité.

Malgré leur contribution cruciale, les agricultrices font face à des inégalités persistantes. Elles ont moins accès que les hommes à la terre, au crédit, à la formation et aux technologies agricoles. Cet écart doit être comblé pour des raisons de justice sociale, mais aussi par nécessité économique et alimentaire. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), donner aux agricultrices un accès égal aux ressources pourrait augmenter les rendements agricoles de 20 à 30 %, permettant de sortir 45 millions de personnes de la faim.

En 2026, Année internationale des agricultrices, il est plus que jamais crucial de reconnaître et de valoriser leur travail. Soutenir les agricultrices partout dans le monde, y compris au Québec, et mettre en lumière leur contribution, c'est bâtir un avenir plus durable.

Hugo Beauregard-Langelier
Directeur général

Refuser les reculs, se mobiliser pour avancer

Dans un autobus bondé, il n’est pas rare d’entendre le chauffeur crier aux passagers : « Avancez par en arrière! »

Cette expression illustre cruellement l’état du droit des femmes dans le monde : de trop nombreux reculs qui sont maquillés en avancées. Des droits sexuels et reproductifs aux féminicides, en passant par le harcèlement en ligne. De l’Afghanistan aux États-Unis. Les reculs sont partout et sur plusieurs fronts.

Face à ces reculs, le silence n’est pas une option; il équivaudrait à capituler devant l’injustice. La réponse doit être forte, mobilisatrice et continue. L’Année internationale des agricultrices, qui se déroule actuellement, s’inscrit pleinement dans cette réponse.

Alors que près de 90 % des 570 millions d’exploitations agricoles dans le monde appartiennent à des familles, au sein desquelles se trouvent des femmes, des mères et des filles, celles‑ci demeurent trop souvent invisibles : invisibles dans les prises de décision, invisibles dans la gestion et, surtout, invisibles dans l’accès aux revenus.

L’Année internationale des agricultrices est l’occasion de mettre en lumière les rôles essentiels que jouent ces femmes, de la production à la commercialisation. Jusqu’en décembre prochain, UPA Développement international contribuera à faire rayonner l’apport déterminant des agricultrices à la sécurité alimentaire, à la nutrition et au développement économique de leurs communautés.

Mais même après 2026, nous resterons aux côtés de ces agricultrices, comme nous l’avons été depuis plus de 30 ans. Car viser l’équité et la justice pour les femmes, c’est avancer par en avant.

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