Rapport annuel 2025-2026
Rapport annuel
2025-2026

Haïti

En Haïti, notre accompagnement a directement bénéficié à 6 736 personnes cette année, tout en contribuant à renforcer le leadership de 234 femmes engagées dans leurs organisations et leurs communautés.

©Rémi Boisly
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FO-RI | Carboneutre AYITI

Débuté en 2022, le programme FO-RI | Carboneutre AYITI misait sur les systèmes agroforestiers et la recherche-action pour contrer les effets des changements climatiques et de la déforestation dans la région de Baptiste, en Haïti.

Cinq ans plus tard, l’initiative s’est terminée et les résultats sont bien visibles sur le terrain!

Depuis le début du programme, plus de 100 familles agricoles ont contribué au reboisement de 30 hectares de terres dégradées en mettant en place des systèmes agroforestiers combinant caféiers ou cacaoyers et arbres fruitiers et forestiers.

En plus des activités de reboisement, le projet accompagnait les productrices et les producteurs dans l'adoption de pratiques agroécologiques et agroforestières favorisant la résilience climatique et la sécurité alimentaire.

La recherche-action était au cœur de l'initiative. Grâce à un partenariat avec la Faculté d’agronomie de l’Université chrétienne du Nord d’Haïti, les productrices et les producteurs ont participé au processus d’analyse de la fertilité de leurs sols. Aux côtés des étudiantes et des étudiants et sous l’encadrement du corps professoral, ils ont contribué à la réalisation de diagnostics agronomiques, dont une analyse biochimique, permettant de mieux comprendre l’état de leurs sols et d’orienter les pratiques à adopter.

Cette collaboration a créé un véritable espace d’apprentissage mutuel, d’innovation et d’expérimentation, tout en permettant d’amorcer le développement de la cacaoculture sur des bases agronomiques solides.

Durant la dernière année de mise en œuvre, 1 516 personnes issues des 8 coopératives membres de l'Union des coopératives caféières de Baptiste (UCOCAB) ont participé à 35 activités de formation et d'échanges entre pairs pour s'approprier les connaissances acquises grâce à la recherche-action. Le partage des résultats d'analyses de sol a d’ailleurs motivé des travaux de production de fertilisants naturels à partir de matières organiques et de résidus agricoles.

Un atelier spécialement conçu pour les femmes a également permis d'aborder les enjeux et les réalités qui leur sont propres afin de renforcer leur participation.

Au terme du programme, les agricultrices et les agriculteurs de Baptiste disposent désormais de nouvelles connaissances, de pratiques éprouvées et d'une solide expérience collective pour poursuivre le développement de systèmes agroforestiers plus productifs, résilients et mieux adaptés aux défis de demain.

Nous les félicitons pour le travail accompli et leur souhaitons une bonne continuation!

FO-RI | Carboneutre AYITI est rendu possible grâce au financement de l’Union européenne et de l’Organisation des États d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OACPS), par l’entremise d’AgriCord.

Chapeau aux formatrices!

Depuis 2023, les formatrices Kettelie Bastien et Idamène Jinnah Delva ont joué un rôle essentiel dans la réalisation du programme FO-RI | Carboneutre AYITI.

Elles ont préparé et animé des formations pour renforcer les compétences en agroécologie des membres de l’UCOCAB avec expertise et énergie, tout en favorisant la participation active des femmes et des jeunes.

Grâce à leur engagement, les connaissances acquises se sont transformées en pratiques concrètes qui profitent aux familles agricoles et à leurs communautés.

« Mon travail me tient à cœur parce que je crois que la transmission du savoir est un moyen essentiel d’aider les personnes à progresser et de favoriser le développement des coopératives et de la communauté. »

– Idamène Jinnah Delva

« J’aime former des personnes intéressées par la production agricole et les sensibiliser au reboisement, à la régénération de l’environnement et à l’adaptation aux changements climatiques. Je contribue ainsi au développement de ma région. Mon travail de formatrice me permet aussi de soutenir ma famille et quatre autres personnes à ma charge. »

– Kettelie Bastien

La coopération à distance

La coopération se poursuit avec Haïti, même si le contexte ne permet toujours pas aux volontaires du Réseau Agro-Innov de se rendre sur le terrain. Cette année, deux mandats réalisés entièrement à distance ont permis de soutenir l'Union des coopératives caféières de Baptiste (UCOCAB).

Étude de marché sur le cacao

Dans le cadre du programme FO-RI | Carboneutre Ayiti, l'économiste agricole Guy Ducharme a réalisé une étude de marché sur le cacao. Introduite au sein des systèmes agroforestiers implantés par l'UCOCAB, cette nouvelle culture représente une belle occasion de diversification des revenus pour les familles agricoles. Les recommandations de l'étude guideront les coopératives dans la production et la commercialisation du cacao lorsque les premières récoltes arriveront sur le marché.

Formation sur la captation d'images

De son côté, le photographe Michel La Rue a formé les membres de l'UCOCAB à la captation et à la gestion de fichiers photos et vidéos. Ces nouvelles compétences leur permettront de documenter leurs activités, de partager leurs apprentissages et de mieux faire connaître leurs produits auprès de leurs partenaires et futurs acheteurs.

Ces deux mandats démontrent que, même à distance, le partage d'expertise continue de renforcer les capacités des organisations partenaires et de les préparer à développer de nouvelles occasions d'affaires. Merci à Guy et à Michel pour leur engagement et leur solidarité envers Haïti!

Économie circulaire

Le programme d’économie circulaire poursuit ses activités en Haïti, grâce à l’engagement remarquable des partenaires et des communautés.

Cette année, 1 350 élèves ont bénéficié de repas sains et équilibrés préparés à partir d’ingrédients locaux grâce aux cantines scolaires qui approvisionnent 6 écoles. Ces cantines offrent un emploi à 43 femmes qui, en plus d'assurer la préparation des repas, utilisent les installations pour leurs propres activités de transformation agroalimentaire afin d’en tirer des revenus supplémentaires.

Au-delà du maintien des activités, l'année a été marquée par des investissements qui renforceront durablement les retombées du programme dans les communautés rurales.

Des infrastructures modernisées

À Boucan Moran, un financement de la Fondation Louise Grenier a permis de remettre à neuf le moulin à grains et l'atelier de transformation de céréales de l'Union des femmes du 6e Jamais-Vue. Les femmes peuvent désormais transformer et commercialiser les céréales locales dans des installations fonctionnelles, hygiéniques et sécuritaires.

À Doriole, un nouveau centre de transformation alimentaire, doté d'un accès à l'eau et d'équipements adaptés, a été construit grâce au soutien de la Fondation Internationale Roncalli et d'Affaires mondiales Canada. Les femmes entrepreneures du Collectif des femmes paysannes pour l’avancement de la communauté de Doriole (COFPACOD) disposent maintenant des outils nécessaires pour transformer et commercialiser leurs produits.

outillées pour développer leurs entreprises

En parallèle des travaux réalisés sur les infrastructures, les participantes ont suivi des formations en transformation alimentaire, en gestion, en marketing et en commercialisation. Ces nouvelles connaissances leur sont utiles tant pour l’opération des cantines scolaires que pour leurs activités entrepreneuriales.

En valorisant les produits agricoles locaux, en appuyant les femmes entrepreneures et en nourrissant les élèves, le programme démontre qu'une économie circulaire peut générer des retombées durables pour toute la communauté. Avec ses partenaires, UPA DI continuera d'appuyer les communautés rurales haïtiennes afin qu'elles puissent bâtir un avenir plus résilient.

UPA DI tient à remercier chaleureusement l’ensemble de ses donatrices et de ses donateurs pour leur généreuse contribution en soutien à l’économie circulaire.

MANYÒK ADAPTE AK KLIMA (SAGA 2)

©FAO

En Haïti, les productrices et les producteurs de manioc de la région de Limbé participent à un tout nouveau projet!

MANYÒK ADAPTE AK KLIMA s’appuie sur des pratiques agricoles résilientes et une démarche de recherche-action pour améliorer la santé des sols, la qualité des récoltes et la résilience des agricultrices et des agriculteurs face aux changements climatiques.

Sur une période de 17 mois, 20 parcelles de démonstration permettront de tester différentes façons de cultiver le manioc en association avec le maïs, la patate douce, le pois Congo et les arbres fruitiers. Les apprentissages et les résultats seront ensuite partagés grâce à des activités d’échanges dans les communautés participantes.

Ce projet est réalisé en partenariat avec la Fédération des groupements paysans de Limbé (FGPL) et le Centre d’éducation de développement intégré – Village de l’espoir (CEDI-VE), avec la collaboration avec l’Université chrétienne du Nord d’Haïti.

Considérant la richesse des résultats de la recherche-action dans d'autres initiatives, il ne fait aucun doute que ce nouveau projet aura des retombées intéressantes!

Le projet s’inscrit dans la continuité des apprentissages tirés de l’initiative Sécurité alimentaire et agriculture : une adaptation accélérée (SAGA 2). Coordonnée par la FAO, cette initiative bénéficie de l’appui technique et financier du gouvernement du Québec, par l’entremise du ministère des Relations internationales et de la Francophonie.

Martin Caron
Président du conseil d’administration

L’importance des agricultrices pour la sécurité alimentaire et l'agriculture mondiale est inestimable. À témoin, ces dernières représentent environ 43 % de la main-d'œuvre agricole dans les pays en développement, mais produisent entre 60 et 80 % des denrées alimentaires dans de nombreuses régions.

Leur rôle dépasse la simple production : les agricultrices sont garantes de la nutrition familiale, de la gestion durable des ressources naturelles et de la préservation de la biodiversité.

Malgré leur contribution cruciale, les agricultrices font face à des inégalités persistantes. Elles ont moins accès que les hommes à la terre, au crédit, à la formation et aux technologies agricoles. Cet écart doit être comblé pour des raisons de justice sociale, mais aussi par nécessité économique et alimentaire. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), donner aux agricultrices un accès égal aux ressources pourrait augmenter les rendements agricoles de 20 à 30 %, permettant de sortir 45 millions de personnes de la faim.

En 2026, Année internationale des agricultrices, il est plus que jamais crucial de reconnaître et de valoriser leur travail. Soutenir les agricultrices partout dans le monde, y compris au Québec, et mettre en lumière leur contribution, c'est bâtir un avenir plus durable.

Hugo Beauregard-Langelier
Directeur général

Refuser les reculs, se mobiliser pour avancer

Dans un autobus bondé, il n’est pas rare d’entendre le chauffeur crier aux passagers : « Avancez par en arrière! »

Cette expression illustre cruellement l’état du droit des femmes dans le monde : de trop nombreux reculs qui sont maquillés en avancées. Des droits sexuels et reproductifs aux féminicides, en passant par le harcèlement en ligne. De l’Afghanistan aux États-Unis. Les reculs sont partout et sur plusieurs fronts.

Face à ces reculs, le silence n’est pas une option; il équivaudrait à capituler devant l’injustice. La réponse doit être forte, mobilisatrice et continue. L’Année internationale des agricultrices, qui se déroule actuellement, s’inscrit pleinement dans cette réponse.

Alors que près de 90 % des 570 millions d’exploitations agricoles dans le monde appartiennent à des familles, au sein desquelles se trouvent des femmes, des mères et des filles, celles‑ci demeurent trop souvent invisibles : invisibles dans les prises de décision, invisibles dans la gestion et, surtout, invisibles dans l’accès aux revenus.

L’Année internationale des agricultrices est l’occasion de mettre en lumière les rôles essentiels que jouent ces femmes, de la production à la commercialisation. Jusqu’en décembre prochain, UPA Développement international contribuera à faire rayonner l’apport déterminant des agricultrices à la sécurité alimentaire, à la nutrition et au développement économique de leurs communautés.

Mais même après 2026, nous resterons aux côtés de ces agricultrices, comme nous l’avons été depuis plus de 30 ans. Car viser l’équité et la justice pour les femmes, c’est avancer par en avant.

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