Rapport annuel 2025-2026
Rapport annuel
2025-2026

Guinée

En Guinée, 7 163 personnes ont bénéficié directement de nos actions cette année, et 173 femmes ont renforcé leur leadership pour contribuer activement au développement de leurs organisations et de leurs communautés.

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Femmes Pro-Forêts

Depuis 2023, l’équipe du projet Femmes Pro-Forêts poursuit ses efforts pour l’adaptation aux changements climatiques des femmes et des jeunes femmes vivant dans le Parc national du Moyen-Bafing.

Grâce à la mobilisation de plusieurs partenaires et parties prenantes, le projet fait d’une pierre trois coups :

  1. Permettre aux femmes de développer des activités génératrices de revenus grâce aux produits forestiers non ligneux, notamment la production et la transformation de miel et de karité;
  2. Favoriser l’adoption de solutions fondées sur la nature pour restaurer et protéger la biodiversité;
  3. Assurer une gestion améliorée et inclusive des ressources naturelles.

Cette année encore, de nombreuses avancées témoignent de l’impact concret sur le terrain :

Biodiversité et reforestation

Les 6 pépinières communautaires implantées l’année dernière ont produit plus de 540 000 plantules d’arbres fruitiers et forestiers destinées à la reforestation du Parc. En plus de contribuer à la biodiversité, elles ont généré des revenus moyens de plus de 73 millions de francs guinéens par pépinière.

Grâce à ces efforts, 636,5 hectares de forêt ont été restaurés en suivant une approche de diversité fonctionnelle et 627 personnes, dont 347 femmes, ont été formées sur les techniques de reforestation.

Deux parcs à bois-énergie ont également été aménagés afin de valoriser les résidus forestiers pour le chauffage et la cuisson. Cette approche innovante réduit la production de carbone et suscite beaucoup d‘intérêt de la part des populations du Parc.

 

Opportunités pour les femmes et jeunes femmes

Pour améliorer les rendements agricoles tout en protégeant l’environnement, 669 personnes, dont 70 % de femmes, ont été formées aux bonnes pratiques agricoles grâce à 21 champs-écoles et 4 ruchers-écoles.

14 pôles de développement des filières miel, karité et produits maraîchers ont été mis en place pour soutenir le développement économique des communautés. Ces activités s’étendent à 50 villages et elles mettent 80 organisations paysannes à contribution.

Enfin, 156 femmes et 121 hommes ont participé à des laboratoires vivants visant à réduire la pénibilité des tâches des femmes et des filles,
permettant d'identifier 44 solutions adaptées aux réalités locales. Une répartition plus équitable des tâches permettra aux femmes d’avoir plus de temps à consacrer à des activités génératrices de revenus.

Gouvernance inclusive des ressources naturelles

En avril 2026, le Forum national sur la gouvernance inclusive a réuni à Conakry des femmes leaders du Parc ainsi que des représentantes et des représentants d’organisations de la société civile, de l’État guinéen et de différentes parties prenantes pour trois jours d’échanges. Ces rencontres leur ont permis de partager leurs expériences, de dégager des priorités communes et de structurer leurs revendications afin de renforcer la participation des femmes à la gestion des ressources naturelles.

Cette activité couronnait un parcours de renforcement des capacités, mis en œuvre en collaboration avec Équitas, qui a permis à 500 femmes et jeunes femmes de se former sur la justice climatique et les droits environnementaux, ainsi qu’à 40 leaders locales et 20 organisations de développer leurs compétences en plaidoyer.

Depuis le début du projet, 10 plans d’action de plaidoyer en faveur des droits des femmes ont été élaborés, dont 7 ont déjà été mis en œuvre afin de faire progresser une gouvernance plus inclusive et équitable des ressources naturelles.

Femmes Pro-Forêts est rendu possible grâce à l'appui financier d'Affaires mondiales Canada.

Investir dans celle qui accompagne le changement

Faire progresser l'égalité entre les femmes et les hommes, c'est aussi soutenir les personnes qui accompagnent les communautés au quotidien.

Dans le cadre du projet Femmes Pro-Forêts, Oumou Salamata Sow, chargée du renforcement du pouvoir économique des femmes et de l'égalité des genres, a participé à une formation régionale sur les droits humains organisée à Abidjan par Equitas, le Mouvement burkinabè des droits de l'homme et des peuples (MBDHP) et le Réseau Equitas Côte d'Ivoire.

Cette expérience lui a permis d’approfondir ses connaissances, d'échanger avec des participantes et des participants de plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest et de repartir avec de nouvelles idées pour mieux accompagner les communautés.

« Grâce au soutien du projet Femmes Pro-Forêts, j'ai eu la chance de participer à cette formation. Elle a renforcé mes compétences, élargi mon réseau professionnel et elle m'a donné davantage confiance dans mon travail auprès des communautés. Cette expérience continue d'avoir un impact positif sur mes interventions sur le terrain. »

– Oumou Salamata Sow, chargée du renforcement du pouvoir économique des femmes et de l'égalité des genres

Soutenir la croissance de la COPRAKAM

À Dabola, les volontaires Codou Sow et Mathieu Houde, membres de CPA Sans Frontières, ont mis leur expertise au service de la Coopérative des producteurs d'arachides, de karité et de miel (COPRAKAM) afin de renforcer sa gestion administrative et financière. Majoritairement composée de femmes et comptant plus de 200 jeunes parmi ses 4 252 membres, la coopérative joue un rôle clé dans le développement économique de sa communauté.

En quelques semaines, ils ont accompagné l'équipe dans la mise en place d'outils pour mieux suivre les stocks, la production, la trésorerie et les emprunts. Ils ont également contribué à l'élaboration d'une stratégie de suivi des adhésions des membres et à l'identification de nouvelles perspectives de développement commercial.

Grâce à leur engagement et au travail réalisé avec l'équipe de la COPRAKAM, la coopérative dispose maintenant de pratiques de gestion plus efficaces pour soutenir sa croissance et offrir des services toujours plus performants à ses membres.

Martin Caron
Président du conseil d’administration

L’importance des agricultrices pour la sécurité alimentaire et l'agriculture mondiale est inestimable. À témoin, ces dernières représentent environ 43 % de la main-d'œuvre agricole dans les pays en développement, mais produisent entre 60 et 80 % des denrées alimentaires dans de nombreuses régions.

Leur rôle dépasse la simple production : les agricultrices sont garantes de la nutrition familiale, de la gestion durable des ressources naturelles et de la préservation de la biodiversité.

Malgré leur contribution cruciale, les agricultrices font face à des inégalités persistantes. Elles ont moins accès que les hommes à la terre, au crédit, à la formation et aux technologies agricoles. Cet écart doit être comblé pour des raisons de justice sociale, mais aussi par nécessité économique et alimentaire. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), donner aux agricultrices un accès égal aux ressources pourrait augmenter les rendements agricoles de 20 à 30 %, permettant de sortir 45 millions de personnes de la faim.

En 2026, Année internationale des agricultrices, il est plus que jamais crucial de reconnaître et de valoriser leur travail. Soutenir les agricultrices partout dans le monde, y compris au Québec, et mettre en lumière leur contribution, c'est bâtir un avenir plus durable.

Hugo Beauregard-Langelier
Directeur général

Refuser les reculs, se mobiliser pour avancer

Dans un autobus bondé, il n’est pas rare d’entendre le chauffeur crier aux passagers : « Avancez par en arrière! »

Cette expression illustre cruellement l’état du droit des femmes dans le monde : de trop nombreux reculs qui sont maquillés en avancées. Des droits sexuels et reproductifs aux féminicides, en passant par le harcèlement en ligne. De l’Afghanistan aux États-Unis. Les reculs sont partout et sur plusieurs fronts.

Face à ces reculs, le silence n’est pas une option; il équivaudrait à capituler devant l’injustice. La réponse doit être forte, mobilisatrice et continue. L’Année internationale des agricultrices, qui se déroule actuellement, s’inscrit pleinement dans cette réponse.

Alors que près de 90 % des 570 millions d’exploitations agricoles dans le monde appartiennent à des familles, au sein desquelles se trouvent des femmes, des mères et des filles, celles‑ci demeurent trop souvent invisibles : invisibles dans les prises de décision, invisibles dans la gestion et, surtout, invisibles dans l’accès aux revenus.

L’Année internationale des agricultrices est l’occasion de mettre en lumière les rôles essentiels que jouent ces femmes, de la production à la commercialisation. Jusqu’en décembre prochain, UPA Développement international contribuera à faire rayonner l’apport déterminant des agricultrices à la sécurité alimentaire, à la nutrition et au développement économique de leurs communautés.

Mais même après 2026, nous resterons aux côtés de ces agricultrices, comme nous l’avons été depuis plus de 30 ans. Car viser l’équité et la justice pour les femmes, c’est avancer par en avant.

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